Katrina, un ouragan dĠantiamŽricanisme

1. Un peu d'histoire et de géographie
2. Problmes historiques, sociaux et politiques
3. ParticularitŽs bien de chez nous
4. La rŽpartition des responsabilitŽs
5. LĠ‰ge de la dŽsinformation

 

1. Un peu d'histoire et de géographie

 

(un diamètre de 800 km environ)

« Hell is truth seen too late » Thomas Hobbes

 

Le lundi 29 aožt 2005, vers 5 h. du matin, la bande ouest de lĠouragan Katrina touche la Nouvelle-OrlŽans. La ville nĠest pas ˆ lĠŽpicentre du cyclone, qui va atterrir plus ˆ lĠest et dŽvaster Gulfport et Biloxi dans lĠEtat du Mississippi et Mobile dans lĠAlabama. Ë cet instant, je me rŽveille ˆ Baton Rouge, ˆ 100 km ˆ lĠOuest. Nous avons eu des pointes de vent jusquĠˆ soixante cinq kilomtres heure, quelques branches cassŽes. Notre ŽlectricitŽ fonctionne, mais lĠinternet et le c‰ble TV ne seront rŽtablis que le mercredi soir, le 31 septembre. Je me plante alors devant la tŽlŽvision et reois de nombreux e-mails dĠamis inquiets. JĠenvoie un courriel-circulaire avec mes premires impressions :

Ç Ici a va. Quelques branches cassŽes, mon jeune chne prenant un air trs penchŽ, mais pas dŽracinŽ (je l'ai redressŽ), mme pas de coupure d'ŽlectricitŽ dans notre quartier malgrŽ les pointes de vent ˆ 65 kmh. Louisiana State University o je travaille est fermŽe jusqu'ˆ mardi prochain, elle sert de HQ pour les opŽrations de sauvetage. Nous accepterons sans doute des Žtudiants des universitŽs naufragŽes. Pour la Nouvelle-OrlŽans, Katrina a dŽvastŽ la ville. Liens mis ˆ jour heure par heure avec les dernires nouvelles.

Pas d'eau, pas d'ŽlectricitŽ, les digues brisŽes en plusieurs endroits, pillage systŽmatique... Il aurait fallu instaurer la loi martiale ds les premiers moments. Je comprends le pillage d'une Žpicerie quand on a faim et soif, pas celui d'une TV plasma comme constatŽ ˆ la TV. Un Wal-Mart a ŽtŽ dŽvalisŽ, le rayon de l'armurerie entirement nettoyŽ. Le Superdome, refuge de dernire instance, a ŽvacuŽ 25.000 rŽfugiŽs ˆ l'Astrodome de Houston. Il y a eu des viols et des meurtres[i], en plus de l'absence de courant et des sanitaires dŽbordants, un enfer. La ville est fermŽe, il reste 75.000 habitants ˆ Žvacuer, dont un de mes collgues qui n'a pas obŽi aux ordres d'Žvacuation ; pas de nouvelles, blackout des communications, tout ce qu'on sait c'est par la tŽlŽ et l'internet, dŽtruits des la premire heure ˆ la Nouvelle-OrlŽans, de mme que lĠensemble du rŽseau des communications. Il leur faudra deux ans de travaux herculŽens pour se remettre. Les fronts de mer de Gulfport et Biloxi comme rasŽs par une bombe H. 4 alligators trouvŽs morts, le ventre en l'air, prs de la plage (quand les alligators meurent, a veut dire que a va trs mal). On aurait vu des requins dans les rues (=canaux) prs de la Nouvelle-OrlŽans[ii]. Les dommages sont estimŽs pour le moment entre 26  et 100 milliards. Pour les pertes en vies humaines, on n'a pas encore pu faire un bilan, la ville est encore sous l'eau, les digues encore ouvertes. Je pense qu'il y aura au moins 50.000 morts. C'est une catastrophe naturelle sans prŽcŽdent aux ƒtats-Unis. Nous sommes une espce fragile, ˆ deux doigts de l'‰ge de la pierre, et prte ˆ retomber dans la barbarie morale ˆ la moindre occasion. Une anecdote :

Vu ˆ la TV : Ë Gulfport, une femme devant la dalle de bŽton qui est ce qui reste de sa maison, dit ˆ son fils d'accrocher le drapeau amŽricain ˆ un arbre et commente: "We are down, but not out!" That's the spirit, girl! È

Le jour prŽcŽdent, jĠai envoyŽ le dernier bulletin du service mŽtŽorologique national ˆ un ami qui refusait de quitter la Nouvelle-OrlŽans. Il Žtait tellement catastrophique que jĠavais dĠabord cru ˆ un canular (mon ami sĠen est tirŽ aprs cinq jours en enfer) :

 Ç URGENT - WEATHER MESSAGE
NATIONAL WEATHER SERVICE NEW ORLEANS LA
413 PM CDT SUN AUG 28 2005

...EXTREMELY DANGEROUS HURRICANE KATRINA CONTINUES TO APPROACH THE MISSISSIPPI RIVER DELTA...
...DEVASTATING DAMAGE EXPECTED...

MOST OF THE AREA WILL BE UNINHABITABLE FOR WEEKS...PERHAPS LONGER. AT LEAST ONE HALF OF WELL CONSTRUCTED HOMES WILL HAVE ROOF AND WALL FAILURE. ALL GABLED ROOFS WILL FAIL...LEAVING THOSE HOMES SEVERELY DAMAGED OR DESTROYED.

THE MAJORITY OF INDUSTRIAL BUILDINGS WILL BECOME NON FUNCTIONAL. PARTIAL TO COMPLETE WALL AND ROOF FAILURE IS EXPECTED. ALL WOOD FRAMED LOW RISING APARTMENT BUILDINGS WILL BE DESTROYED. CONCRETE BLOCK LOW RISE APARTMENTS WILL SUSTAIN MAJOR DAMAGE...INCLUDING SOME WALL AND ROOF FAILURE.

HIGH RISE OFFICE AND APARTMENT BUILDINGS WILL SWAY DANGEROUSLY...A FEW TO THE POINT OF TOTAL COLLAPSE. ALL WINDOWS WILL BLOW OUT.

AIRBORNE DEBRIS WILL BE WIDESPREAD...AND MAY INCLUDE HEAVY ITEMS SUCH AS HOUSEHOLD APPLIANCES AND EVEN LIGHT VEHICLES. SPORT UTILITY VEHICLES AND LIGHT TRUCKS WILL BE MOVED. THE BLOWN DEBRIS WILL CREATE ADDITIONAL DESTRUCTION. PERSONS...PETS...AND LIVESTOCK EXPOSED TO THE WINDS WILL FACE CERTAIN DEATH IF STRUCK.

POWER OUTAGES WILL LAST FOR WEEKS...AS MOST POWER POLES WILL BE DOWN AND TRANSFORMERS DESTROYED. WATER SHORTAGES WILL MAKE HUMAN SUFFERING INCREDIBLE BY MODERN STANDARDS.

THE VAST MAJORITY OF NATIVE TREES WILL BE SNAPPED OR UPROOTED. ONLY THE HEARTIEST WILL REMAIN STANDING...BUT BE TOTALLY DEFOLIATED. FEW CROPS WILL REMAIN. LIVESTOCK LEFT EXPOSED TO THE WINDS WILL BE KILLED.Ó

CĠŽtait anticiper ce qui est arrivŽ : non ˆ la Nouvelle-OrlŽans, mais ˆ la c™te entire du Mississippi.

    Ce qui suit est un journal que jĠai tenu dans les jours qui suivent la catastrophe, ŽditŽ et complŽtŽ aprs coup. LĠuniversitŽ Žtait fermŽe, jĠŽtais trop prŽoccupŽ pour poursuivre mes travaux habituels, je notais mes impressions jour par jour, regardais beaucoup de tŽlŽvision et lisais beaucoup sur lĠinternet. JĠŽtais frappŽ par le flot de dŽsinformation produit par les mŽdias, tant europŽens quĠamŽricains. Avant dĠarriver au cÏur de lĠactualitŽ, il faut cependant faire

Un peu dĠhistoire

Les racines historiques de la catastrophe prŽsente, sur tous les plans, remontent loin dans le temps. La Nouvelle-OrlŽans a ŽtŽ fondŽe par le sieur Jean-Baptiste le Moyne de Bienville en 1718, pour remplacer la capitale de la colonie de Louisiane, situŽe alors ˆ Mobile ; le site fut choisi par le gouverneur Bienville contre lĠavis de lĠingŽnieur royal et celui du spŽculateur John Law[iii], qui voulaient lĠŽtablir soit sur les rives du lac Pontchartrain, soit plus haut en amont du Mississippi, en terrain plus sec.

La Nouvelle-OrlŽans, baptisŽe en lĠhonneur du RŽgent, doit desservir la Ç Louisiane È, immense territoire qui sĠŽtend jusquĠaux Rocheuses et au Canada, et qui correspond maintenant ˆ 12 Žtats des Etats-Unis.

Le site choisi est le seul emplacement ŽmergŽ ˆ 170 km ˆ la ronde, il est ˆ 150 km du littoral. Bienville voit le site comme une clŽ stratŽgique maritime et fluviale qui, en remontant lĠimmense Ç Pre des eaux È, permettra lĠexploitation dĠun Eldorado aux richesses plus ou moins mythiques ; la ville quĠil fonde est pour lui une plaque tournante o sĠeffectuera le transbordement  dĠembarcations de navigation fluviale aux vaisseaux de haute mer. Bienville renforce presque immŽdiatement les digues naturelles ; des colons et des esclaves africains, soumis au Code Noir de Louis XIV, commencent ˆ peupler la ville. Il faut lutter contre la fivre jaune, qui fait son apparition chaque annŽe, les indiens Natchez qui harclent les colons, et les inondations.

Les franais nomment les fondations Ç le flottant È et la ville ˆ lĠorigine Ç lĠisle dĠOrlŽans È[iv] ; cĠest tout dire sur le caractre spongieux et incertain du site sur laquelle la ville sĠŽdifie. Quand, au XXe sicle, on commencera ˆ dresser des gratte-ciel, il faudra enfoncer des piles de bŽtons ˆ 30 mtres, o elles rencontrent enfin du roc.

La Couronne, lassŽe de soutenir ˆ bout de bras une colonie qui lui appara”t comme un gouffre financier, la cde au colonisateur espagnol en 1763. En 1795, lĠEspagne cde le droit dĠutiliser les installations portuaires ˆ la jeune fŽdŽration amŽricaine. En 1801, NapolŽon rachte la colonie ˆ lĠEspagne, puis  la revend en 1803 aux Etats-Unis pour 15 millions or, afin dĠalimenter ses guerres sur le continent europŽen (avec la vente de lĠAlaska par la Russie, la plus mauvaise affaire immobilire de lĠhistoire). La position stratŽgique de la ville, lieu dĠŽchange indispensable pour assurer lĠexportation du coton produit par les esclaves et les planteurs, va assurer son dŽveloppement rapide. DĠenviron 10.000 habitants en 1803, elle passe ˆ 102.000 en 1840[v]. Cette croissance stoppe brutalement ˆ la victoire du Nord dans la guerre de SŽcession en 1864. La Nouvelle OrlŽans se dŽveloppera ˆ nouveau au XXe sicle, devenant une plateforme stratŽgique cruciale pour le pŽtrole du Golfe du Mexique (25% du pŽtrole consommŽ aux ƒtats-Unis), pour lĠimport-export sur lĠAmŽrique du Sud,  et un lieu touristique mondialement cŽlbre, notamment pour une musique qui donnait la sŽrŽnade aux clients des maisons closes, le jazz.

            Pour faire place aux nouveaux arrivants, ds le XIXe sicle, on va assŽcher les marŽcages qui entourent la ville franaise du XVIIIe sicle, ce qui va contribuer inŽluctablement ˆ lĠenfoncement du site, et va contraindre ˆ la construction dĠun systme de levŽes de plus en plus grandiose.

1) Le systme des digues

Ds que Bienville renforce les digues naturelles du site, ds quĠun planteur, lassŽ dĠtre inondŽ ˆ chaque crue du Mississippi, construit une levŽe, les habitants sĠengagent dans une course contre la nature. Une digue isolŽe fera monter lĠeau chez le planteur voisin, qui ˆ son tour construit son bout de jetŽe, et ainsi de suite jusquĠˆ ce que toute la longueur du Mississippi soit endiguŽe par Roosevelt, qui engage en 1933, au cÏur de la Grande DŽpression, une armŽe de ch™meurs noirs et de forats pour parachever le systme.

En 1965, aprs lĠouragan Betsy (de catŽgorie 4 ; 76 morts), le Congrs approuve les fonds pour renforcer les levŽes qui contiennent le lac Pontchartrain, au nord de la ville :

Le contr™le de la nature en Louisiane sĠŽtend donc sur une durŽe de 300 ans (voir LĠexcellent livre de John McPhee, The Control of Nature). 

Ds lĠorigine, elle engage les constructeurs dans un tunnel technologique, o les premires dŽcisions contraignent inŽluctablement lĠingŽnierie qui devra suivre, sans que lĠon puisse jamais faire retour pour adopter des solutions peut-tre plus rationnelles : les digues empchent le Mississippi de suivre son cours naturel ; donc, ses dŽp™ts alluvionnaires ne construisent plus les marais qui serviraient de parapet naturel contre le raz de marŽe dĠun ouragan[vi], et la Louisiane concde 35 miles carrŽs ˆ la mer chaque annŽe. De plus, les alluvions se dŽposent au fond du canal : le niveau de la rivire, au cours du temps, monte de plus en plus, nŽcessitant des levŽes de plus en plus hautes. Pendant ce temps, la Nouvelle-OrlŽans, qui est en moyenne 2 mtres au dessous du niveau de la mer, continue ˆ sĠenfoncer au rythme de 1,75 cm par an.

Ë cela sĠajoute que, si les fonds et la direction des travaux (Army Corps of Engineers) sont sous juridiction fŽdŽrale, les digues de Louisiane elles-mmes sont placŽes sous la responsabilitŽ de Ç ComitŽs de digues È rŽmunŽrŽs ; il y en a un par Ç parish È (lĠŽquivalent dĠun canton). DĠo manque de coordination, dĠamples occasions pour faire financer par le gouvernement des projets qui nĠont rien ˆ voir avec la protection de la population par les levŽes, et multiples opportunitŽs de corruption (comme on le verra plus bas).

Pour finir, le systme Žtait prŽvu pour rŽsister ˆ un ouragan de catŽgorie 3,  et pas ˆ Betsy (1965) ou ˆ Katrina (catŽgorie 4). Betsy a dĠailleurs jouŽ un r™le dans lĠinsouciance de la population et sa rŽsistance ˆ Žvacuer, puisque la Nouvelle-OrlŽans lui avait survŽcu (avec un milliard de dommages et 76 morts, cependant). En 2004, Ivan, de catŽgorie 3, qui menaait la ville et a fini par atterrir sur Gulf Shores en Alabama, a contribuŽ ˆ lĠapathie. Les nouveaux orlŽanais avaient ŽvacuŽ. Mais les trois autoroutes qui permettent dĠŽchapper ˆ sa mortelle cuvette ont connu des embouteillages de 14 heures, et la population nĠentendait pas se soumettre de nouveau  ˆ cette expŽrience. Pour Katrina, les autoritŽs avaient mis les autoroutes ˆ sens unique hors de la Nouvelle-OrlŽans.

Dans une excellente sŽrie publiŽe en 2002, le Times-Picayune avait soulignŽ les dŽfaillances des digues et anticipŽ, presque mot pour mot, ce qui est arrivŽ en septembre 2005.

Pour prŽparer la Nouvelle-OrlŽans ˆ Katrina, il aurait fallu amŽliorer 760 km de digues, sur une durŽe de trente ans (les travaux auraient dž donc commencer pendant la prŽsidence de Gerald Ford ou de Jimmy Carter) pour un cožt de 14 milliards de dollars. Au passage, il faut signaler que la digue de la 17e rue qui a cŽdŽ, et qui, avec lĠinondation, est la cause rapprochŽe de la catastrophe, venait dĠtre contr™lŽe et certifiŽe, mais bien entendu pour un ouragan de catŽgorie 3, pas pour lĠŽventualitŽ dĠune Katrina. Il semblerait aussi que les panneaux de ciment aient ŽtŽ construits plus haut (11 pieds) que recommandŽ (8 pieds). Dans ce cas lˆ, lĠ Army Corps of Engineers aurait fait une erreur grave.

Les Žnormes pompes qui ceinturent la Nouvelle-OrlŽans sont capables dĠassŽcher des pluies torrentielles,  mais pas une inondation ; et surtout, elles fonctionnent ˆ lĠŽlectricitŽ et nĠont pas de source ŽnergŽtique de remplacement, de plus certaines sont exposées à une inondation. Ds quĠil nĠy a plus de rŽseau Žlectrique, les pompes suivent une logique ŽlŽmentaire et prŽvisible : elles sĠarrtent. Il en va de mme pour la distribution dĠeau potable  et les Žgouts, qui dŽpend entirement du rŽseau Žlectrique, sans solution de rechange.

La Nouvelle-OrlŽans a eu de la chance, aussi incroyable que cela paraisse. Un dŽplacement de trajectoire de seulement  100 km ˆ lĠouest, et la ville aurait reu de plein fouet la paroi Est du cyclone, garantissant son annihilation. Un ouragan de la force de Katrina dŽgage une Žnergie Žquivalente ˆ une bombe nuclŽaire de 10 mŽgatonnes toutes les vingt minutes.

De fait, le lundi 29 aožt, journŽe de lĠatterrissage,  je pensais, avec lĠensemble du public et avec les rescapŽs dans la ville mme, que la Nouvelle-OrlŽans sĠen Žtait tirŽe, avec de gros dommages certes, mais rien dĠirrŽmŽdiable. Mais ce mme jour la digue de la 17me rue a cŽdŽ, lĠinondation commence, et lĠeau est infiniment plus dangereuse que le vent. LĠaccident se transforme en ce point prŽcis en tragŽdie. LĠeau va transformer la ville en une piscine toxique, o les secours deviennent presque impossibles : lĠeau est trop peu profonde pour autre chose que de petits  canots, elle lĠest trop pour des bus ou des camions. La rupture des deux levŽes, qui a surpris tout le monde, y compris les ingŽnieurs qui les avaient vŽrifiŽes quelques mois auparavant[vii], a ŽtŽ le tournant dŽcisif (que les digues aient cŽdŽ parce que le prŽsident Bush avait coupŽ les subsides nŽcessaires est une lŽgende – peu - urbaine). Je ne parle Žvidemment pas des rŽgions c™tires du Mississippi et de lĠAlabama, battues dĠabord par des vents de 150 kmh avec des pointes ˆ 260 kmh et ravagŽes ensuite par des vagues hautes de 20 mtres jusquĠˆ 1 km ˆ lĠintŽrieur des terres.

Inutile de dire que, dans un tel scŽnario, assurer une protection totale et parfaite est impossible, ˆ moins dĠŽvacuer corps et biens la zone qui sera affectŽe sur la lune, c'est-ˆ-dire 280.000 km2 (la moitiŽ de la France, lĠŽquivalent de lĠAngleterre) avec leurs 5 millions dĠhabitants qui ont ŽtŽ frappŽs par lĠŽquivalent de dizaines de bombes nuclŽaires. La protection sera donc toujours un compromis, o  la politique jouera inŽluctablement son r™le.

1. Katrina, un ouragan dĠantiamŽricanisme
2. Problmes historiques, sociaux et politiques
3. ParticularitŽs bien de chez nous
4. La rŽpartition des responsabilitŽs
5. LĠ‰ge de la dŽsinformation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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[i] Qui sĠavreront tre des rumeurs (voir plus bas).

[ii] Autre rumeur infondŽe.

[iii] Fondateur de la Compagnie du Mississipi, dont la faillite en 1720 ruina une bonne partie de la noblesse franais dŽtentrice de ses actions.

[iv] http://www.southbear.com/New_Orleans/Geography.html.

[v] The case against rebuilding the sunken city of New Orleans, by Jack Shafer

Professeur des sciences de la terre ˆ St Louis University, Timothy Kusky affirme que la Nouvelle-OrlŽans tend naturellement ˆ tre un lac, et quĠelle nĠaurait jamais du tre construite lˆ o elle lĠa ŽtŽ.

Les premiers colons construisirent la ville sur un mŽandre prŽservŽ des inondations dĠo le nom ÔCrescent CityĠ. A la fin du 19me sicle, les marŽcages seront dŽfrichŽs et assŽchŽs en comblant mme le lac Pontchartrain pour agrandir la ville.

Comparez cette carte de 1798 ˆ celle de 1908 : de nombreux quartiers comme Navarre, Lower Ninth Ward, Lake Terrace, and Pontchartrain Park ont ŽtŽ conquis sur des marŽcages de basse ŽlŽvation. Le Lower Ninth Ward Žtait ˆ lĠorigine un marŽcage de cyprs. City Park bien que plus ŽlevŽ Žtait inondŽ rŽgulirement avant que le gŽnie civil ne le protge.

[vi] CausŽ ˆ la fois par les vagues et lĠŽlŽvation du niveau de la mer par aspiration dans lĠÏil du cyclone.

[vii] Les brches des digues concernent des projets qui ont ŽtŽ achevŽs et pour lesquels aucune modification ou amŽlioration nĠa ŽtŽ proposŽe. Quant aux projets en cours, ils sont tous prŽvus pour un ouragan de force 3 et nĠauraient donc rien changŽs au dŽsastre.

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